images
Je propose parfois au lecteur de mes textes une version imagée.
Elle vient alors, se confronter à l’image mentale produite par le lecteur lui-même.
Cette confrontation interroge surement et permet d’entrevoir, l’espace d’un instant,
l’espace mental de mon divertissement.
Mes images 2025
14 L’OMBRE DU BOUFFON Poème & collage
Sur le pavé de verre, un chemin de douleur,
Je fuis Satan, mon cœur battant un rythme fou.
Les ténèbres m’engloutissent, mon âme se noie,
Et le rire du Diable me glace jusqu’aux os.
Trihydrogène, tel est mon nouveau nom,
Un pantin grotesque, aux couleurs d’un arc-en-ciel.
Mon cœur, un tambour fou, bat un rythme lugubre et lent,
Et je ris, je ris, dans ce monde cruel.
Le bonheur, un masque, cache un visage hideux,
Un leurre infernal, un mirage cruel.
Sur les planches, je meurs, sous les applaudissements heureux,
Un martyr du rire, un roi du néant cruel.
Le Diable a gagné, son jeu est parfait,Et je danse, je danse, au rythme de mon trépas.
Dans les coulisses, l’ombre plane, l’esprit défaillant,
Je cherche un refuge, un oubli, un trépas.
Mon âme est un abîme, un puits sans fond,
Où se mêlent les souvenirs et les cauchemars.
Le miroir me renvoie une image difforme,
Un clown blanc et rouge, aux yeux vides de larmes.
Le public m’acclame, ignorant mon tourment,
Ils ne voient que la farce, le rire forcé.
Je suis une marionnette, un instrument,
Aux mains d’un maître cruel, impitoyable.
Chaque soir, le même rituel,
Je monte sur scène, un cœur lourd de chagrin.
Je joue ma partition, un rôle absurde et cruel,
Et je meurs, je meurs, à chaque fin.
Les coulisses sont mon tombeau, mon enfer,
Où je rêve de liberté, d’amour, de paix.
Mais le Diable veille, il est toujours là,
Et il me rappelle mon destin, ma croix.
Je suis le miroir de la société,
Un reflet déformé de la réalité.
Je suis le fou, le bouffon, la bête de foire,
Condamné à amuser les foules jusqu’à l’épuisement.
Dans les profondeurs de mon âme, une étincelle vacille,
Un espoir ténu, une lueur dans la nuit.
Mais le Diable souffle sur cette flamme fragile,
Et elle s’éteint, laissant place au doute.
Je suis un esclave du rire, un prisonnier de la scène,
Un être sans identité, sans passé, sans avenir.
Je suis le clown infernal, le jouet du destin,
Condamné à l’éternel recommencement.
INESTA Guillaume
©andras
Le 30/10/2024
À Briançon
Guillaume Inesta
Poète imagier